7. Une étrange sensation

7. Une étrange sensation

_____________________________________________________


Comme dans un film. Comme dans une série télévisée. La scène au ralenti. Au volant de sa voiture, la radio allumée, il traversa le centre ville. Il ralentit, entrant dans la zone piétonne, et lorsqu'il posa son regard à sa droite, il vit deux filles. La première, grande brune, lui rappela vaguement quelqu'un. Puis, ne faisant qu'un tour dans son cerveau, il se souvint. C'était la brune qui accompagnait son inconnue dans le bar où il la vit pour la première fois. Il en était persuadé, c'était elle. Il continua d'avancer, et il la vit. Marion. Elle était là. L'instant dura à peine trois secondes, peut-être quatre. Quatre secondes. Pas plus. Et pourtant, cet instant dura une éternité. Il eut le temps de la voir. De la redécouvrir. De voir ses beaux cheveux blonds scintillants à la lumière de ce soleil si haut, si beau. Coiffés comme le soir où il l'avait vu dans ce bar. Elle portait un débardeur blanc et un short noir qui laissaient entrevoir la beauté de ses formes. Il ne l'avait jamais touché mais il devinait la douceur de sa peau. Elle était cette fille que l'on voit dans les magasines. Cette fille dont on se dit au moment précis où on la voit qu'elle nous est inaccessible. Celle dont on dit à ses amis en plaisantant après avoir un peu trop bu : « tu vois cette fille, et bien un jour, je l'embrasserai ». Cette fille, c'était la fille de ses rêves. Elle était là. A quelques centimètres de lui, et si loin à la fois. Et il ne pouvait pas s'arrêter. Ne pouvait pas lui parler. Il ne pouvait rien faire. Il était juste contraint de continuer son chemin, la regardant s'éloigner avec son amie, sans pouvoir y changer quoique ce soit. Il avait beau avoir toute la volonté et l'envie que l'on puisse avoir, il n'en était pas moins conscient. Conscient qu'il faudrait un miracle pour la revoir dans le même contexte que cette soirée au bar, réussir à lui parler, à l'aborder. Il se questionna. Se dit qu'il visait peut-être trop haut. Peut-être qu'il ne la méritait pas. Peut-être qu'elle avait déjà une relation. Bien sûr, le regard qu'ils avaient échangé il y a quelques mois ne pouvait laisser entendre une quelconque relation de son côté, mais cela faisait déjà un mois. Un mois. Tellement court. Tellement long. Après quelques instants de réflexions, il en vint à se demander si elle pensait à lui. Si toute cette histoire avait un sens. Peut-être qu'elle l'avait complètement oublié. Qu'elle n'y pensait pas. Qu'elle n'avait jamais cherché à le retrouver. Il ne souhaitait pas vraiment y penser, mais la réalité le rattrapa. Il ne savait pas. Il espérait, bien sûr. Il espérait qu'elle cherche également à le retrouver, qu'elle en parle à ses amis, qu'elle écrive son histoire. Mais tout cela ne représentait qu'une goutte d'espoir dans cet océan de réalité. Parce qu'au final, il savait que cette fois-ci, il n'était pas dans une série télévisée. Il n'était pas l'acteur de ce film dont il pouvait choisir la fin. Le « happy-end ». Cette fois, il devait se contenter de chercher, sans jamais s'arrêter. Cette fois, il n'avait pour seule directive que celle d'espérer. Agir, espérer, et attendre. Un signe. Une nouvelle. N'importe quoi. Quelle étrange sensation que celle qu'il ressentait en ce moment. Il avait autant le sentiment d'être complètement fou que celui d'être le plus chanceux de la terre. Après tout, qui rechercherait quelqu'un comme il le faisait, alors qu'elle ne lui avait jamais parlé, qu'il ne savait rien d'elle.? Une aiguille dans une botte de foin. Une bouteille à la mer. Et pourtant, il avait aussi la sensation de vivre quelque chose d'incroyable. Quelque chose d'unique. Il avait vu la fille de ses rêves. Elle l'avait regardé. Il lui avait sourit. Elle avait cherché son regard. Il lui plaisait. Et il le savait. Tout cela commençait à prendre une proportion incroyable dans sa vie, dans sa façon de penser, d'aborder les choses. A tel point qu'il lui fallait choisir une route pour éclaircir sa situation. Il n'en pouvait plus de ne pas dormir la nuit. D'être en perpétuel état d'alerte. Et en même temps, de ne plus savoir quoi penser de tout cela. Quel choix devait-il faire. ? Continuer à chercher une parfaite inconnue qu'il ne retrouverait peut-être jamais. ? Ou bien arrêter le jeu avant qu'il n'en devienne totalement dépendant au point d'en oublier tout le reste. ? La nuit tomba à pic. Elle lui porterait conseil.
Le lendemain matin, après avoir dormi quelques heures seulement, il sut. C'était décidé. Il avait décidé.



To Be Continued....
-
-
-


©Love Story

# Posté le dimanche 13 juillet 2008 08:27

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:59